Après les funérailles de mon mari, ma sœur m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit : « Fais tes valises et pars. À partir de maintenant, cette maison est à moi. » J’ai répondu : « Non, c’est la maison de mon mari. » Elle a éclaté de rire et m’a lâché une bombe : « Oh ma pauvre, le bébé que je porte est celui de ton mari et maintenant, tout ce que tu possèdes est à moi. » Ma mère s’est mise à rire. « Ne t’inquiète pas, tu pourras fêter ça à la naissance du bébé. Après tout… See more

 

La maison aux silences brisés

Le salon était baigné d’une lumière douce de fin d’après-midi, mais l’atmosphère, elle, était lourde, presque étouffante. Des cartons empilés près du canapé portaient encore l’inscription FRAGILE, comme si ce mot résumait parfaitement ce qui restait de ma vie.

Je me tenais debout, la main posée instinctivement sur mon ventre arrondi, cherchant un peu de courage dans ce petit être qui grandissait en moi. En face de moi, Claire, la sœur de mon mari, venait d’arriver, sa valise noire à la main, parfaitement maquillée, parfaitement sûre d’elle. Derrière elle, ma belle-mère, Hélène, observait la scène avec un sourire trop calme pour être honnête.

— Alors… tu es encore là, dit Claire en balayant la pièce du regard, comme si elle inspectait déjà ce qui lui appartenait.

— C’est ma maison, répondis-je d’une voix tremblante. C’était la maison de ton frère.

Claire laissa échapper un petit rire sec.
— Était, oui. Les choses changent, tu sais.

Je sentis mon cœur se serrer. Cela faisait à peine trois semaines que Marc était mort. Trois semaines depuis l’enterrement, depuis les condoléances creuses, depuis les nuits sans sommeil. Et déjà, on me demandait de partir.

Hélène s’approcha doucement, posa sa main sur l’épaule de sa fille.
— Il faut être raisonnable, dit-elle. Cette maison appartient à la famille depuis toujours.

— J’étais sa femme, murmurai-je. J’attends son enfant.