Après les funérailles de mon mari, ma sœur m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit : « Fais tes valises et pars. À partir de maintenant, cette maison est à moi. » J’ai répondu : « Non, c’est la maison de mon mari. » Elle a éclaté de rire et m’a lâché une bombe : « Oh ma pauvre, le bébé que je porte est celui de ton mari et maintenant, tout ce que tu possèdes est à moi. » Ma mère s’est mise à rire. « Ne t’inquiète pas, tu pourras fêter ça à la naissance du bébé. Après tout… See more

Un silence tomba. Puis Claire leva les yeux vers moi, me fixa droit dans les yeux et lâcha, sans la moindre hésitation :
— Moi aussi.

Le monde sembla s’effondrer sous mes pieds.
— Quoi… ?

— Je suis enceinte, répéta-t-elle calmement. Et cet enfant est de Marc.

Je sentis mes jambes faiblir. Les murs, les cartons, les souvenirs… tout tournait autour de moi. Hélène souriait toujours.

— Tu vois, ajouta-t-elle, la vie est pleine de surprises.

— Vous mentez, criai-je enfin. Marc ne m’aurait jamais fait ça !

Claire haussa les épaules.
— Les hommes ont toujours des secrets.

Je regardai autour de moi : le canapé où nous avions ri, la table où nous avions fait des projets, les fleurs fanées sur le buffet… Tout cela ne comptait plus. J’étais devenue une étrangère dans ma propre maison.

— Fais tes valises, conclut Claire. Tu n’as plus ta place ici.

Je pris une profonde inspiration. Mon cœur était brisé, mais au fond de moi, une force nouvelle naissait.
— Non, dis-je enfin. Je ne partirai pas. Cette maison, cette vérité… je les défendrai.

Claire fronça les sourcils pour la première fois. Le sourire d’Hélène se figea.

À cet instant, je compris une chose : ce n’était pas seulement une histoire de maison ou d’héritage. C’était le début d’un combat. Et cette fois, je n’étais plus seule.